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Histoire du wushu

Tags : histoire , wushu , historique
Histoire du wushu

Les arts martiaux sont très populaires dans le monde. Presque tout le monde a déjà entendu parler de Bruce Lee ou de Jackie Chan, et connaît le tai chi ou le kung-fu, ne serait-ce qu’au travers de la représentation cinématographique. Le Wushu est un trésor spirituel du peuple chinois. Plusieurs fois millénaire, il se diffuse aujourd’hui dans le monde entier tant pour sa valeur dans le développement harmonieux de l’individu que pour son efficacité reconnue dans les domaines de la santé et de la longévité. Art de combat dont sont issues de nombreuses disciplines extrêmes-orientales, le Wushu doit être compris comme un art de vivre exprimant le génie propre de la civilisation chinoise.

Le mot wushu correspond à 2 idéogrammes chinois dont le premier, wu [武] signife "guerrier, martial" et le second, shu [术] signifie "art". Le mot wushu englobe donc tous les arts martiaux de Chine et pas seulement un style (ou une voie = do en japonais). La signification du mot kungfu (ou gong fu [功夫]), est plus difficile à percevoir. Il s'applique à un art (ou un style) et affirme la "grande capacité dans" ou "la maîtrise de" cet art. Pour qu'un style soit efficace, il faut qu'on le maîtrise parfaitement. Dès lors, on a un bon kungfu (pour ce style, cqfd)

Histoires et Légendes

Les origines du wushu remontent à la préhistoire, quand les ancêtres utilisaient la pierre et le bois pour chasser, à la fois pour survivre et pour se défendre contre les animaux féroces et les serpents venimeux. Dans les conflits tribaux, ils se servaient de leurs outils de production comme des armes de guerre. L’expérience de la guerre leur a appris que pour dominer son adversaire il ne suffit d’avoir de bonnes armes, il faut être en bonne condition physique et améliorer ses techniques de combat par un entraînement intensif en temps de paix. Le wushu a évolué parallèlement aux différentes périodes de l'histoire de Chine.

Pendant la dynastie Zhou (11e siècle – 256 BC) une sorte de lutte appelée jiaoli était considérée comme un sport militaire au même titre que le tire à l’arc et les courses de chariots.

La période des guerres d’états (403 –221 BC) ont été la source de nombreuses stratégies révélant l’importance du wushu pour construire une armée forte. En référence au Sunzi, le premier ouvrage chinois sur l’art de la guerre : « la lutte et les exercices de combat renforcent les capacités physiques des soldats ». Parmi les maîtres en épée à l’époque, les femmes n’étaient pas rares. L’une d’elles, Yuenü, fut invitée par l’empereur Goujian pour démontrer ses techniques d’épée, reconnues de très au niveau pendant de nombreuses générations.

Les dynasties Qin (221 - 206 BC) et Han (206 BC – 220 AD) ont vu croître des arts martiaux tels que le shoubo (lutte) et le jiaodi lors desquels les participants s’affrontaient avec des cornes sur la tête. Par ailleurs, il existait une danse théâtrale qui mettaient en scène des mouvements préarrangés avec des armes de toutes sortes, comme les sabres et les lances, à l’image des figures de wushu actuelles.

Durant la dynastie Jin (265-439) et les dynasties Sud et Nord (420-581), le wushu se chargea d’une influence Bouddhiste et Taoïste. Ge Hong (284-364), un célèbre médecin et philosophe taoïste, ajouta au wushu le qigong (exercices respiratoires), une branche essentielle de la médecine traditionnelle chinoise. Ses théories de « travail externe et interne » du wushu sont encore universellement reconnues de nos jours.

Le système d’examen de la dynastie Tang (618 - 907) a largement contribué au développement du wushu. En effet, les officiers et soldats devaient passer des tests d’arts martiaux pour être promus. Des titres d’honneur tels que « guerrier du courage » ou encore « guerrier de l'agilité » étaient attribués aux maîtres en wushu.

La dynastie Song (960 – 1279) a vu apparaître une multitude d’écoles de wushu. Pendant cette période, des athlètes effectuaient des acrobaties dans les rues, avec un répertoire allant de « l’épée contre le bouclier » à la « lance contre le bouclier », et des démonstrations avec d’autres armes. A en croire une chronique de la ville de Kaifeng, ces spectacles de rue « attiraient des foules immenses tous les jours, en été ou en hiver, qu’il pleuve ou qu’il vente ».

Pendant la dynastie Ming (1368 – 1644), le wushu prospéra comme jamais auparavant. Qi Jiguang, un général très connu, retranscrit dans un livre 16 styles différents d’exercices à mains nues et 40 autres styles de lance et de bâton, chacun accompagné d’explications et d’illustrations détaillées. Il développa également une série de théories et de méthodes d’entraînement, apportant ainsi une large contribution au wushu.

Pendant la dynastie Qing (1644 – 1911), malgré les ordres impériaux interdisant la pratique populaire du wushu, des écoles et des groupes secrets apparaissaient les uns après les autres pour répandre ce sport. C’est pendant cette période que les écoles de TaiJi, Pigua et « des huits-diagrammes » naquirent.

Avec la chute de la dynastie Qing au début de la période républicaine (1912-1949), les écoles d'arts martiaux chinois ont pu s'ouvrir au public puis organiser des compétitions et des démonstrations à l'étranger. Cette période a beaucoup inspiré le cinéma chinois ces dernières années, au travers de personnalités telles que Huo Yuan Jia, Chenzhen ou encore Ip Man.

Depuis la création de la république populaire de chine en 1949, le wushu a été soutenu essentiellement dans sa forme sportive. Les pratiques traditionnelles ont été découragées durant la révolution culturelle (1969-1976) puis réhabilitées avec la création de la fédération internationale en 1990.  D’anciennes formes ont été réhabilitées et de nouvelles ont été créées. Les compétitions et démonstrations sont aujourd’hui bien orchestrée, tant au niveau national que régional. Le wushu est intégré à des programmes d’activité physique des enseignements primaire et secondaire.

En 1987, le Kung-Fu fut présenté comme sport de démonstration lors des Jeux Asiatiques de Tokyo, afin d’être reconnu par le Comité Olympique Asiatique, avec l’espoir de tout un peuple (1/4 de la population mondiale) de voir son sport national reconnu un jour par le Comité International Olympique comme discipline olympique. Le Kung-Fu était présent aux Jeux Asiatiques organisés en octobre 1990 à Pékin. C’est à l’occasion de ces Jeux Asiatiques que la Chine organisa le premier Championnat du Monde de Kung-Fu Wushu, auquel participèrent 1200 pratiquants venant de 40 pays différents.


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La legende de Shaolin

Le premier temple Shaolin a été construit en l’an 497 après Jésus-Christ dans la province du Henan. Lors de la construction du temple, les jardiniers de l’empereur avaient aussi planter des nouveaux arbres. C’est pour cette raison que le temple fut appelé ‘la jeune forêt’ ou shaolin [少林] en Mandarin.

Le Kung-Fu a été instauré en l’an 525 avant JC par l’arrivé d’un moine hindou nommé Bodhidarma (l’Illuminé) ou Tamo en chinois. Tamo était venu en Chine pour rencontrer l’Empereur qui, en ce temps, avait fait traduire les textes bouddhistes par des moines de la région. Son intention était de permettre la pratique de cette religion à toute la population. Bien que ce projet était noble, Tamo ne fut pas d’accord avec le fait que l’Empereur voulais, par cet acte, parvenir au Nirvana : on ne peut pas parvenir à ce but juste par de bonnes actions effectuées, en son nom, par d’autres. De ce désaccord, Tamo parti à la rencontre des moines chargés de la traduction. Arrivé au temple Shaolin, Tamo se vit refuser l’accès. Rejeté par les moines, Tamo entama 9 années de méditation jusqu’à ce que les moines reconnaissent ses prouesses religieuses et l’acceptent au temple. La légende dit qu’il aurait creuser un trou à travers un des murs de la caverne par son regard constant. Ayant rejoint les moines, Tamo constata que ceux-ci était dans une condition physique déplorable. Tamo leur enseigna donc des exercices physiques et de respiration. Les exercices physiques furent inventés en regardant et imitant les mouvements de différents animaux (dont le tigre, le dragon, le serpent, le léopard et la grue). Tamo avait sélectionné le meilleur de ce que la nature put offrir et les combina dans un système mouvement que l’homme peut comprendre et pratiquer. Les exercices de respiration furent développés afin de fortifier les organes internes. Car bien que les exercices physiques permettaient de fortifier le corps et les membres, Tamo savait qu’il avait besoin de garder ses organes sains, ceux-ci fournissant l’énergie nécessaire au fonctionnement du corps. Plus la respiration d’une personne progressait, plus ses organes deviennent fort, cette personne commence alors a développer son "QI" (chi). Le "qi" est l’habilité à puiser et utiliser l’énergie vitale qui circule à l’intérieur du corps. Cette énergie est concentrée en un point du corps situé dans la partie inférieure de l’abdomen appelé ‘dan tian’. Tamo a développé ces exercices de respiration qui sont encore utilisé de nos jours dans le Tai ji quan (tai chi chuan) à, le Yoga et autres formes d’exercices de méditation.
En 1644, la Chine fut le théâtre d’une guerre civile qui eut pour détonateur la mort de l’Empereur. La révolte s’empara du pays. Un général qui se nommait Wou San Kouei fit appel aux Mandchoues pour mater la révolte mais une fois leur tâche accomplie, ceux-ci décidèrent de rester en Chine et d’y fonder une nouvelle dynastie. Le temple Shaolin devint alors le siège de la résistance. L’Empereur décida de s’opposer d’une façon définitive au vent de révolte, soulevés par les moines Shaolin et projeta de détruire le temple. Ainsi, le monastère fut le théâtre d’une terrible bataille où les maîtres et les disciples combattirent jusqu’à la mort. Peu survécurent. Cinq maîtres s’enfuirent dans des directions différentes et continuèrent à enseigner l’héritage de Shaolin.



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