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06
juil.

Kung fu Panda 2 : succès mondial et controverse en Chine

Mots clés: Dreamworks , film , kungfu
kungfu panda 2

Kung fu Panda 2, produit par Dreamworks, rencontre un succès mondial avec des recettes estimées à 330 millions de dollars après seulement 3 semaines d'exploitation. Mais cette réussite ne fait pas l'unanimité en Chine et des artistes chinois protestent.

Le premier volet de Kung fu Panda, sorti en 2008, avait engrangé 180 millions de yuan de recettes en Chine et y avait établi un nouveau record au box office pour un film d'animation. Cette année là déjà, certains artistes chinois s'interrogeaient quant à l'incapacité de la Chine à créer des oeuvres inspirées de sa propre culture et pouvant rivaliser avec les studios américains.

Le succès annoncé du deuxième épisode de Kungfu Panda a réveillé les rancœurs et certains artistes ont publiquement dénoncé l'utilisation mercantile de la culture chinoise par les producteurs américains. En d'autres termes, ils accusent Dreamworks d'exploiter la culture et l'histoire millénaire de la Chine pour la revendre ensuite aux chinois. Ils vont jusqu'à utiliser les expressions "invasion culturelle" et "conspiration contre les trésors culturels chinois".

L'un de ces artistes, Zhao Bandi, surnommé "Panda Man" du fait de ses nombreuses peintures de panda, a appelé les chinois à boycotter le film. Il a été soutenu par Kong Qingdong, un professeur de l'université de Beijing et descendant de Confucius. Le doyen du département animation de la Beijing Film Academy, Sun Lijun, est allé jusqu'à demander aux autorités de protéger l'industrie de l'animation chinoise des "envahisseurs étrangers".

Les spectateurs et les bloggeurs chinois sont beaucoup plus modéré sur le sujet. La grande majorité des spectateurs ne voient pas de raison de boycotter le film qu'ils considèrent comme un simple divertissement. Certains pensent que Zhao Bandi profite du film pour attirer l'attention sur ses propres oeuvres. La blogosphère chinoise revient, elle, sur l'incapacité de la production chinoise à rivaliser avec les studios hollywoodiens.

Hao Yaning, PDG de Beijing Union Pictures pense que "l'histoire de Kungfu Panda est vraiment bonne. Bien qu'elle soit imprégnée de culture chinoise et mieux mise en scène par les américains, l'audience chinoise adore, et nous devons en explorer la magie". Il ajoute que la production chinoise n'aurait pu faire ce film principalement par manque d'imagination. "Nous n'aurions pas pensé à mettre un canard dans le rôle du père d'un panda".

Pour le journaliste Qin Huaichuan, le boycott du film serait contre-productif. Le succès des films occidentaux devrait plutôt inspirer les créateurs chinois à faire encore mieux. Selon lui, les chinois devraient concentrer leurs efforts afin de s'améliorer et éviter des excès de protectionnisme.



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